Les oméga 3 au coeur de la protection cardiaque


Des études épidémiologiques ont révélé que notre alimentation actuelle était relativement carencée en oméga-3, acides gras essentiels que nous ne pouvons synthétiser. D’après les spécialistes, une déficience en oméga-3 contribuerait à l’augmentation des pathologies inflammatoires, des maladies cardiaques et de certains cancers. Le rôle préventif des oméga-3 dans la diminution du risque cardio-vasculaire est désormais bien établi et étayé par de nombreuses études.


Triglycéridémie

La capacité des oméga-3 à diminuer de 30 à 50 % le taux sanguin de triglycérides en inhibant leur synthèse est aujourd’hui prouvée [1]. Chez les sujets hypertriglycéridémiques, cette baisse peut même passer sous le seuil des 2 g/L, limite inférieure pour les risques cardio-vasculaires [a]. Le cholestérol, quant à lui, ne serait pas réellement modifié par un apport en oméga-3. D’autre part, des travaux ont montré que la consommation d’huile de poisson avant un repas diminuait l’hyperlipidémie d’après-repas. Les lipides d’après-repas étant athérogènes, les oméga-3 pourraient être considérés comme anti-athérogènes [2].

# Athérogène : se dit de facteurs susceptibles de causer des dépôts graisseux (athéromes) sur la paroi interne des artères, entravant alors la circulation sanguine (contraire : anti-athérogène).

# Thrombogène : se dit de facteurs susceptibles de causer la formation de caillots de sang (thromboses) dans les veines ou les artères (contraire : anti-thrombogène).


Agrégation plaquettaire

Lorsque les plaquettes sanguines se collent entre elles, elles peuvent former des bouchons artériels (thromboses) qui empêchent le sang de circuler. Si ce dernier ne peut aller jusqu’au cerveau, il y a attaque cérébrale [b]. Les oméga-3 augmentent la production de NO [c], lequel protège les vaisseaux sanguins, notamment en favorisant les mécanismes de l’inhibition de l’agrégation plaquettaire. Par ailleurs, par d’autres phénomènes, l’EPA comme le DHA sont anti-athérogènes (ils luttent contre la formation de dépôts graisseux) [3]. En effet, l’EPA inhibe la synthèse du thromboxane A2 [d] (prostaglandine favorisant l’adhérence des plaquettes) et stimule la production de prostacyclines [e]. Celles-ci, au contraire du thromboxane A2, diminuent l’agrégation plaquettaire. On sait par ailleurs que le stress oxydatif joue un rôle dans la formation des bouchons. L’EPA en s’incorporant dans la membrane des plaquettes les protège contre les radicaux libres et diminue ainsi leur agrégabilité. Une étude d’une durée de 3 ans, menée sur 563 hommes ayant une hyperlipidémie a montré qu’une supplémentation en oméga-3 diminuait la concentration de molécules d’adhésion plaquettaire, réduisant ainsi le risque d’athéroscléroses et d’attaques cérébrales [4].


Arythmie

L’infarctus est la manifestation la plus aiguë de l’ischémie [f]. Celle-ci génère des troubles du rythme cardiaque entraînant l’arythmie. Des études ont démontré que la consommation d’huile de poisson réduisait fortement la sensibilité à l’arythmie. Cependant, seul un apport direct en DHA permet d’atteindre des teneurs permettant de générer des propriétés anti-arythmiques. Parmi les facteurs de l’arythmie, le système adrénergique [g] entre en ligne de compte. Il permet de transmettre au coeur des messages sur le rythme et la contraction à adopter. On a pu montrer que la présence de DHA dans les membranes des récepteurs adrénergiques aidait à réguler le rythme cardiaque.


Contractilité

Pour se contracter, le myocarde produit une quantité importante d’énergie sous forme d’ATP (forme d’énergie des cellules). Chez des rats consommant des oméga-3, on a pu constater une diminution de la consommation d’oxygène nécessaire pour produire cette énergie et une meilleure efficacité de son utilisation. En situation normale, cela n’a guère d’incidence, mais en situation ischémique, du fait de la carence en apport d’oxygène, cette propriété des oméga-3 pourrait être un élément déterminant de la protection du myocarde.

Ces données sont corroborées par une étude de février 2006 qui révèle que le suivi d’un régime méditerranéen accompagné d’un apport équilibré d’environ 1 g EPA+DHA sous forme d’huile de poisson diminuerait de 30 % le risque de maladies cardio-vasculaires et de 45 % celui de mort cardiaque subite [5]. En conclusion, par un jeu de mécanismes complexes, pas encore totalement élucidés, les oméga-3 diminuent la triglycéridémie, l’agrégation plaquettaire et régulent le rythme cardiaque et la contractibilité, protégeant ainsi du risque cardio-vasculaire.




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[a] Les limites de références des triglycérides se situent entre 1,50 et 2,00 g/l (1,7 et 2,3 mmol/L) en fonction de l'âge.
[b] 85 % des attaques cérébrales sont dues à des caillots sanguins.
[c] Monoxyde d’azote.
[d] Prostaglandine responsable de la vasoconstriction et l’agrégation plaquettaire.
[e] Epoxyde dérivé d’une prostaglandine qui inhibe la vasoconstriction et possède une action anti-agrégante vis-à-vis des plaquettes.
[f] Arrêt ou diminution du flux sanguin dans un organe ou une partie du corps.
[g] Le système adrénergique (ou sympathique) permet de réagir aux situations de stress et d’urgence (augmentation du débit cardiaque, de la pression artérielle, de la constriction des vaisseaux...).

Sources :
- Recommandations et allégations concernant les oméga-3 – AFSSA - version 2004.
- Acides gras de la famille oméga-3 et système cardio-vasculaire : intérêts et allégations – AFSSA - Juin 2003.
- Les dyslipidémies : Elisabeth Faure - Caducée - Juin 2002 (mise à jour en octobre 2004), www.caducee.net/DossierSpecialises/endocrinologie/dyslipidemies.asp consulté le 13/03/06.
- La révolution des oméga-3 : Anne Dufour & Danièle Festy. Le duc. S Editions, Paris - 2004.
- Oméga-3 Quel support pour un meilleur équilibre alimentaire ? Dr. Jean-Marie Bourre. : S. Barbier - World Medical Clinic www.worldmedical-clinic.com consulté le 6/03/06.
- Effets cellulaires cardiaques des acides gras polyinsaturés oméga-3. Perspective de prévention : A. Grynberg, INRA, Paris. Cap sur la prévention, conférence de presse organisée par le CEIV – Produits Roche - 20 janvier 2000.
- Acides gras oméga-3 et maladies cardio-vasculaires : Lettre Britta Nutrition n°14 Oméga-3 - Nutrinov www.nutrinov.net consulté le 12/02/06.
- Huile de poisson et triglycérides : Protocole 41– 2 mars 2006 - www.actupparis.org/breve243.html consulté le 03/03/06.
- Lexique : http://www.agrojob.com/lexique-agroalimentaire/ consulté le 13/03/06.

Références :
[1] O’Keefe JH Jr & Harris WS: From Inuit to implantation : omega-3 fatty acids come of age. Mayo Clin. Proc. 2000 Jun;75(6):607-14.
[2] Smith BK. & Al.: Exercise plus n-3 fatty acids: additive effect on postprandial lipemia. Metabolism. 2004 Oct;53(10):1365-71.
[3] Mori TA & Woodman RJ: The independant effects of eicosapentaenoic acid and docosahexaenoic acid on cardiovasclar risk factors in humas. 2006 Mar;9(2):95-104.
[4] Hjerkinn EM & Al.: Influence of long term intervention with dietary counseling, long chain n-3 fatty acid supplements, or both on circulation markers of endothelial activation in men with long-standing hyperlipidemia. Am. J. Nutr. 2005 Mar;81(3):583-9.
[5] De Lorgeril M. & Salen P.: The Mediterranean-style diet for the prevention of cardiovascular diseases. Public Health Nutr. 2006 Fev;9(1A):118-23.



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