Les Bienfaits du Curcuma

Quels sont les vertus et les bienfaits du Curcuma ?

 

Le curcuma (Curcuma longa) est une épice jaune d’or couramment consommée en Inde et en Afrique du Sud. Il est traditionnellement utilisé en médecine chinoise et Ayurvédique. En effet, le curcuma possède de nombreuses propriétés. Il s’avère efficace dans de multiples pathologies : Inflammations articulaires et digestives, hyperlipidémie…

Une épice aux multiples propriétés.

Quels sont les bénéfices du curcuma ?

Les principes actifs et bienfaits du curcuma

Ses bénéfices sur la santé sont principalement dus aux curcuminoïdes, les principaux actifs du curcuma. Les trois principaux curcuminoïdes sont la curcumine (prédominant), la deméthoxycurcumine et la bisdémethoxycurcumine.

Les formules disponibles sur le marché et utilisées pour la recherche sont des mélanges de ces 3 curcuminoïdes:
Elles contiennent en moyenne environ 77 % de curcumine pure, 17 % de déméthoxycurcumine et 3 % bisdéméthoxycurcumine.

Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas que la curcumine qui présente un intérêt thérapeutique. En effet, les trois curcuminoïdes (curcumine, deméthoxycurcumine et bisdémethoxycurcumine) ont des activités anti-inflammatoires, antioxydantes et antibactériennes.

Comment fonctionne le curcuma ?

La curcumine est très peu biodisponible. Sa mauvaise absorption, son rapide métabolisme, et sa rapidité d’élimination systémique font partie des obstacles à sa biodisponibilité pour l’organisme.

Pour améliorer son absorption et optimiser son efficacité, la curcumine peut être associée à des corps gras ou à la pipérine, principe actif du poivre noir (Piper nigrum).
Administrée concomitamment à la curcumine, la pipérine augmente significativement son absorption par l’organisme.

Ainsi, les lipides et le poivre noir améliorent la biodisponibilité de la curcumine. C’est ce pourquoi on retrouve le curcuma à consommer sous forme de gélules grasses, ou à faire bouillir, soit en poudre soit directement la racine, en même temps que du poivre noir.

Le curcuma pour les douleurs articulaires ?

Des vertus anti-inflammatoires naturelles

Les bienfaits anti-inflammatoires de la curcumine, ont été confirmés par de nombreuses études scientifiques. La recherche a montré qu’elle est certainement due à sa capacité à interagir ou inhiber l’action de molécules a qui interviennent dans les processus inflammatoires.

Les travaux In Vivo, sur l’animal, et les essais cliniques soulignent le potentiel thérapeutique de la curcumine dans les maladies inflammatoires de l’intestin, la pancréatite, l’arthrite, et l’uvéite antérieure chronique. La curcumine étant capable de contrer l’action de la cyclooxygénase, cible de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens, elle peut être considérée comme un anti-inflammatoire naturel.

Soulager l’arthrose

L’arthrose (ostéoarthrite) est une pathologie résultant de l’usure anormale du cartilage. Cette dégradation est déclenchée par des molécules pro-inflammatoires et occasionne des douleurs aux articulations, notamment au genou, à la hanche, et à la colonne vertébrale.

Les curcuminoïdes du curcuma présentent une forte capacité antioxydante et anti- inflammatoire, et s’avèrent efficaces et utiles dans le traitement de l’arthrose. Les curcuminoïdes et la curcumine contribuent à diminuer les inflammations et les douleurs arthrosiques. De solides preuves moléculaires attestent de la capacité de la curcumine à cibler les pathologies inflammatoires.

La curcumine agit à différents niveaux pour soulager les symptômes de l’arthrose :

Elle diminue l’expression du facteur NF-kB, puissant inducteur de l’inflammation chronique, notamment impliqué dans l’arthrose.
Elle contribue à supprimer la production de TNF dont:

  • Le TNF-α, une cytokine pro-inflammatoire qui joue un rôle critique dans l’arthrose.
  • Le BAFF (B-cell activating factor), ce qui pourrait expliquer l’amélioration que procure la curcumine sur l’arthrite rhumatoïde.

Elle protège les cartilages en empêchant la production de médiateurs pro-inflammatoires et de métalloprotéinase 3 par les chondrocytes, en limitant la dégradation des chondrochytes (cellules du cartilage), et en empêchant la dégradation du collagène responsable des douleurs.

À noter aussi que les curcuminoïdes limitent le stress oxydatif des patients atteint d’arthrose, contribuant à soulager les symptômes.

La curcumine a été étudiée In Vitro et son efficacité dans le traitement de l’arthrose a été vérifiée en études précliniques, mais il n’y a très peu de données cliniques.

Néanmoins, des patients atteints d’arthrose du genou ont été soulagés par l’extrait de curcuma, ou la curcumine.

Les curcuminoïdes limitent

le stress oxydatif

Soulager la polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est une forme de rhumatismes inflammatoires chroniques qui provoque l’inflammation de plusieurs articulations à la fois. Elle se caractérise par des douleurs, un gonflement, et une rougeur des articulations.

Les premiers essais cliniques sur l’Homme suggèrent que les curcuminoïdes ont des effets bénéfiques dans la polyarthrite rhumatoïde.

Des recherches chez l’animal, ont montré que le curcuma « supprime sensiblement l’incidence et la gravité de l’arthrite en augmentant la production de cytokines anti- inflammatoires, en diminuant la production de cytokines pro-inflammatoires, et en activant le système de défense antioxydant ».

Il a également été démontré que l’activité antiarthritique du curcuma est supérieure à celle du gingembre et de l’indométacine (médicament anti-inflammatoire non stéroïdien). Les auteurs concluent que « l’activité anti-inflammatoire et antioxydante du curcuma […] peut avoir des effets bénéfiques contre l’apparition et la progression de l’arthrite rhumatoïde ».

Des chercheurs ont remarqué que dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, des aberrations dans l’acétylation des histones (protéines qui participent à la structure des chromosom es) contribuaient à augmenter la production d’’interleukine IL-6 par les fibroblastes synoviaux. Or, l’interleukine IL-6 est une cytokine inflammatoire impliquée dans la pathologie.

En inhibant l’histone acétyltransférase, une enzyme qui intervient dans le remodelage de la chromatine (base des chromosomes), la curcumine réduit de manière significative le niveau d’acétylation des histones H3, ce qui a pour effet de diminuer la production d’interleukine IL-6

Les curcuminoïdes, et principalement la curcumine, ont des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Les études ont montré qu’ils contribuent au traitement de l’arthrose et aident à soulager les douleurs associées. La curcumine pourrait également aider à diminuer les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde.

Le curcuma soulage-t-il le système digestif ?

Soulager les digestions difficiles et les troubles associés

Utilisé traditionnellement pour soulager les problèmes liés au système digestif, les bienfaits thérapeutiques du curcuma ont également été confirmés par des études cliniques. L’European Medicines Agency (EMA) souligne que le curcuma (Curcuma longa) peut être utilisé pour soulager les digestions difficiles, tandis que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnait son efficacité dans le traitement de la dyspepsie atonique d, de l’acidité, et des flatulences.

Une digestion simplifiée !

Le curcuma agirait sur l’excrétion et la sécrétion de bile, qui est un liquide produit par le foie facilitant la digestion, tout en dégradant les graisses afin qu’elles puissent être assimilées par l’organisme.

Le curcuma serait cholérétique, c’est-à-dire qu’il stimulerait la sécrétion d’acides biliaires, et cholagogue, c’est-à-dire qu’il stimulerait les contractions de la vésicule biliaire pour une meilleure évacuation de la bile.

Mais ces propriétés démontrées chez l’animal, reste encore à confirmer chez l’Homme.

In vitro, des travaux scientifiques ont montré que la curcumine possède une activité antispasmodique.

 

Une épice gastro-protectrice

Les études en laboratoire et chez l’animal démontrent un effet gastro-protecteur et anti-ulcérogène de la curcumine. Au cours d’essais précliniques, il a été démontré que le curcuma peut « potentiellement protéger le tractus gastro-intestinal à travers son effet anti-inflammatoire ».

La curcumine possède des propriétés anti-ulcérogènes en réponse aux inducteurs d’ulcère (bactérie H. pylori, ingestion chronique de médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens, substances exogènes comme les cigarettes, l’alcool ou la nourriture type « fast-food »).

Ces pathologies incluent des modifications des paramètres physiologiques comme la sécrétion excessive d’acide gastrique. L’action anti-inflammatoire et antioxydante de la curcumine pourrait expliquer sa capacité à réduire les ulcères.

La curcumine diminue différents facteurs ulcéreux comme l’hypersécrétion d’acide gastrique et les peroxydes totaux, et inhibe l’activité de la pepsine.

D’autre part, chez le rongeur, la curcumine s’avère très efficace dans l’éradication de H. pylori. Une bactérie responsable de la grande majorité des ulcères gastroduodénaux, ainsi que dans la restauration des lésions gastriques qu’elle génère.

À noter que paradoxalement, le curcuma pourrait augmenter l’irritation, et que par conséquent, il est déconseillé à haute dose en cas d’ulcère de l’estomac ou du duodénum. De plus amples recherches seraient les bienvenues avant de pouvoir conseiller le curcuma dans traitement des ulcères.

La curcumine contribue à la rémission de la colite ulcéreuse et réduit les symptômes de la maladie de Crohn. La colite ulcéreuse (rectocolite) est une inflammation chronique de la muqueuse du côlon et du rectum.

Chez l’animal, la curcumine a démontré son efficacité dans l’amélioration de la colite expérimentale.

La curcumine pourrait agir en réduisant la libération de TNF-α, une cytokine inflammatoire dont un dérèglement de la production peut être impliqué dans la colite ulcéreuse (mais également la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, l’arthrite psoriasique, la spondylarthrite ankylosante, le psoriasis en plaques chronique).

Chez l’Homme, la curcumine pourrait être efficace pour induire la rémission de la colite ulcérative et la maintenir

En cas de maladie de Crohn, le facteur TNF-a et les niveaux d’interleukine IL-1 augmentent. Un médicament, le Remicade, réduit le TNF-a, mais il existe une éventuelle perte de réponse une fois que l’IL-1 augmente.

Récemment (août 2017), des chercheurs ont passé en revue la littérature afin d’évaluer si la curcumine et le Remicade pourraient être intéressants chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn.

Leur recherche démontre une réduction moyenne de 55 points de l’indice d’activité de la maladie de Crohn chez les patients utilisant curcumine.

De plus ces personnes ont vu leurs taux d’interleukine IL-1 et de CRP (marqueur de l’inflammation) diminuer. Les scientifiques concluent que « les recherches futures, utilisant à la fois le Remicade et la curcumine devraient être effectuées, mais les données préliminaires suggèrent d’utiliser les deux pour réduire l’éventuelle perte de réponse ».

Ils soulignent également que « la curcumine, même par elle-même, s’est révélée être un moyen peu coûteux pour réduire les symptômes de la maladie de Crohn et les marqueurs inflammatoires ».

Le curcuma est utilisé traditionnellement pour soulager les inconforts digestifs tels que la dyspepsie, l’acidité et les flatulences. Ces propriétés digestives sont reconnues par les autorités de santé.

Son principe actif, la curcumine, possède des propriétés gastro-protectrices et pourrait s’avérer efficace dans le traitement des colites ulcéreuses et des ulcères gastroduodénaux. Elle offrirait également une solution intéressante pour soulager les symptômes de la maladie de Crohn.

 

Il est également à noter que malheureusement, le curcuma est déconseillé en association avec certains traitements, tels que la radiothérapie et certains antibiotiques anti-tumoraux comme la bléomycine et la mitomycine.

Dans ces cas-là, il convient d’éviter sa prise les jours du traitement et les 2 jours le précédant ou le suivant.

 

 

Le curcuma est contre-indiqué avec les traitements à base de doxorubicine (Adriblastina, Caelyx, Doxorubicine, Myocet), avec certaines chimiothérapies comme le cyclophosphamide (Endoxan) et avec certains agents chimiothérapeutiques tels que la camptothécine et la méchloréthamine.

On rappelle que « dans tous les autres cas, une quantité de 8mg par jour (de curcuma) est généralement bien tolérée » et qu’« un usage combiné avec du poivre noir augmente la disponibilité du curcuma dans le corps ».

Le curcuma et les extraits de curcuma pris en complément alimentaire ne peuvent se substituer à une alimentation équilibrée et à un mode de vie sain.
Il convient de ne pas dépasser les doses journalières conseillées et de les tenir hors de la portée des jeunes enfants.